Tableau en Compigné représentant un château

18.000 

France, seconde moitié du XVIIIe siècle
Étain, argent
Gouache, vernis colorés

Catégorie :

 

France, seconde moitié du XVIIIe siècle
Étain, argent
Gouache, vernis colorés

Ce petit tableau en feuille d’étain estampée et rehaussée d’argent, de gouache et de vernis colorés représente un château. Celui-ci, en appareillage de brique et de pierre, sur un soubassement en appareillage de pierre, est caractéristique de l’architecture développée depuis le XVIIe siècle. Son plan parfaitement symétrique est axé sur un pavillon central en avancée ouvrant par de larges fenêtres aux balcons ouvragés, encadré par des pavillons à quatre travées, deux étages et un haut toit en ardoise ornés de lucarnes. Il s’achève par deux pavillons en retour symétriques à trois travées, de même hauteur et dont le toit en ardoise est ponctué de cheminées. Enfin, la cour est matérialisée par deux miroirs d’eau laissant un passage dans l’axe du pavillon central prolongé au premier plan par une large allée.

Complétant la symétrie de l’ensemble, cette allée divise le premier plan de la composition où un parterre de verdure est animé de nombreux personnages. Autour d’une calèche et d’un carrosse, hommes et femmes accourent pour accueillir les nouveaux venus tandis que plusieurs hommes pourvus de cannes se dirigent vers la porte du pavillon central du château.

De part et d’autre, deux rangées d’arbres encadrent cet espace dégagé de manière symétrique. Colorés à la gouache, des éléments du château et des feuillages incisés et rehaussés de feuille d’argent précisent et animent le dessin. Le ciel se déploie en un fond blanchâtre puis bleui et nuageux. Une annotation postérieure au revers précise qu’il s’agirait du château de Maisons-Laffitte mais tous les éléments de son architecture ne correspondent pas.

Les tableaux en Compigné

D’une grande préciosité et variété de matériaux, les tableaux en Compigné étaient réalisés selon un procédé mystérieux à partir d’une feuille d’écaille de tortue ou de papier cartonné sur laquelle était appliquée une feuille d’étain ou d’or. La surface pouvait ensuite être décorée à l’or, à l’argent, à la gouache et aux vernis colorés. Ces « miniatures » connues aujourd’hui sous le nom de Compigné, eurent un très grand succès dans les années 1760. Le petit format, caractéristique de cette production, nécessitait de travailler avec une extrême précision, probablement à l’aide d’une loupe, pour développer le perfectionnement des détails techniques et des coloris.

Thomas Compigné

Arrivé d’Italie probablement vers 1750, Thomas Compigni prit le nom de Compigné en s’installant à l’enseigne du Roi David, rue Greneta à Paris. En tant que tabletier, il était spécialisé dans la fabrication et la vente de boîtes, de jeux de trictrac, de dames et d’échecs, de tabatières et autres poignées de canne en écaille blonde incrustées d’or. Réputé pour la qualité de ses objets, il passa à la postérité par la production de tableaux précieux dont la technique reste aujourd’hui mystérieuse. En 1773, il présenta au Roi deux vues du château de Saint-Hubert et obtint le titre de tabletier privilégié du roi sous Louis XV et sous Louis XVI. Ses thèmes de prédilection sont le plus souvent des vues de villes, monuments et châteaux dans des perspectives de parcs ou de paysages animés de petits personnages.

Bibliographie

Plaisir de France, « Les Compignés et leurs créateurs, ces délicats chefs-d’œuvre de la tabletterie au XVIIIe siècle », n° 427, mars 1975.
Compigné, peintre et tabletier du Roy, catalogue d’exposition, Grasse, Villa-Musée Jean-Honoré Fragonard, Juin-Juillet 1991.

Bon état général. Usures au niveau du cadre. Petit trou dans le bois peint au niveau du ciel, au-dessus des cheminées centrales du château.

Informations complémentaires

Dimensions 25.5 × 21 × 2 cm