Pendule au génie de la musique

15.000 

France, époque Louis XV
Cadran signé De Hémant A PARIS
Attribuée à Robert Osmond (1711-1789)

Exemples identiques :

  • Charles André Caron (1697-1775), horloger, Robert Osmond (1711-1789), bronzier, Pendule au génie de la musique livrée pour Madame Adélaïde à Versailles en 1757, Paris, 1757, Dépôt du Mobilier national au château de Versailles (GML 11320)
  • Attribué à Robert Osmond, Pendule au génie de la musique, vers 1755, Paris, ancienne collection Bensimon, collection particulière
  • Attribué à Robert Osmond, Pendule au génie de la musique, vers 1755, ancienne collection Castiglioni, collection particulière

Exemple comparable :

  • Lepaute, horloger, Robert Osmond, bronzier, Pendule au vase, horloger, Paris,
    vers 1755-1760, collection particulière
Catégorie :

France, époque Louis XV
Cadran signé De Hémant A PARIS
Attribuée à Robert Osmond (1711-1789)

Exemples identiques :

  • Charles André Caron (1697-1775), horloger, Robert Osmond (1711-1789), bronzier, Pendule au génie de la musique livrée pour Madame Adélaïde à Versailles en 1757, Paris, 1757, Dépôt du Mobilier national au château de Versailles (GML 11320)
  • Attribué à Robert Osmond, Pendule au génie de la musique, vers 1755, Paris, ancienne collection Bensimon, collection particulière
  • Attribué à Robert Osmond, Pendule au génie de la musique, vers 1755, ancienne collection Castiglioni, collection particulière

Exemple comparable :

  • Lepaute, horloger, Robert Osmond, bronzier, Pendule au vase, horloger, Paris,
    vers 1755-1760, collection particulière

Le cadran circulaire émaillé signé De Hemant à Paris, indique les heures en chiffres romains et les minutes par tranches de cinq en chiffres arabes par deux aiguilles en bronze repercé et doré. Il est inscrit dans une caisse mouvementée de forme violonée en bronze ciselé et doré flanqué d’agrafes et de rinceaux feuillagés. Les côtés sont ornés de motifs ajourés laissant s’échapper le son du timbre et dessinant des rinceaux et feuillages. La partie inférieure de la façade présente un trophée de musique avec partitions et instruments, retenu par un ruban sur la partie centrale. L’amortissement est décoré d’une figure d’enfant tenant une lyre. L’ensemble repose sur une terrasse rocaille agrémentée de joncs et de végétaux.

Un modèle d’Osmond
La composition originale de cette pendule à poser peut être rapprochée de la production du bronzier Robert Osmond et en particulier de la pendule livrée par l’horloger Charles André Caron pour Madame Adélaïde à Versailles en 1757 aujourd’hui conservée au château de Versailles (GML 11320). Cette dernière est alors décrite dans le journal du Garde-Meuble de la Couronne :
« Du 18 juin 1757 / Livré par le S. Caron horloger / Pour servir à Madame Adelaïde de France à Versailles. N° 68. Une pendule à sonnerie et boete de bronze doré d’or moulu couronnée d’un enfant tenant une lyre cizelée, ornée par le bas d’un livre et de divers instruments de musique ; le cadran d’émail de 5 pouces de diamètre, haute de 17 pouces ½, derrière la boete est une petite aiguille servant de pièce de silence, pour arrêter la sonnerie ; dans un étui de cuir noir à double main et fermant à clef. »
Si la lyre que tenait l’enfant a depuis disparu sur le modèle conservé à Versailles, elle est bien présente sur notre pendule qui correspond donc au modèle tel qu’il est décrit alors.

Robert Osmond (1711-1789)
Né en Normandie, à Canisy, près de Saint-Lô, en 1711, Robert Osmond fit son apprentissage dans l’atelier de Louis Regnard, maître fondeur en terre et en sable et fut reçu Maître fondeur-ciseleur en 1746. Reconnu par ses pairs, il fut nommé juré de sa corporation en 1756.
En 1753, son neveu Jean-Baptiste Osmond (1742-après 1790) quitta la Normandie pour le rejoindre. Ce dernier, reçu maître en 1764, travailla après cette date avec son oncle ; leur collaboration fut si étroite qu’il est difficile de distinguer les contributions de l’un et de l’autre.
L’activité de Robert Osmond se situe entre la fin des années 1740 et le milieu des années 1770, puisqu’en 1781 il fut désigné comme ancien Maître fondeur. Jean-Baptiste, qui continua de diriger l’atelier après le départ de son oncle, connut alors des difficultés et fit faillite en 1784. Son oncle Robert mourut en 1789.

Bronziers et ciseleurs prolifiques, s’illustrant d’abord dans le style rocaille, au début des années 1760, les Osmond surent s’adapter au nouveau style néoclassique. Bien qu’ils aient produit toutes sortes de bronzes d’ameublement (chenets, appliques et encriers), ils sont surtout connus pour avoir laissé leur nom sur un assez grand nombre de pendules et de cartels dont les mouvements étaient confiés aux plus grands horlogers de l’époque comme Jacques-André Lepaute, Ferdinand Berthoud, Julien Le Roy, Robert Robin.
Ses œuvres furent particulièrement prisées des grands collectionneurs et aristocrates. C’est ainsi que le fameux financier Beaujon et le Duc de Choiseul-Praslin possédèrent des pendules et cartels de sa production. Travaillant également pour l’un des plus grands marchand mercier du XVIIIe siècle, M. Lazare-Duvaux, ils livrèrent également par son intermédiaire pour Louis XV des œuvres destinées aux châteaux de Saint-Hubert et des Tuileries.
Cette pendule, d’un modèle datable du milieu des années 1750 est caractéristique du style de transition de Robert Osmond à cette époque où, progressivement, il délaisse les formes rocailles dans l’esprit de Nicolas Pineau ou Juste-Aurèle Meissonnier, pour se diriger vers des formes plus simples. Ainsi, si cette pendule est encore de forme violonée et ainsi inscrite dans l’esprit rocaille, elle présente une structure symétrique illustrant l’assagissement précoce des formes que confirme une pendule quasiment identique reproduite dans l’ouvrage de Hans Ottomeyer et Peter Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, p. 542, où un vase précurseur du goût néoclassique remplace la figure de génie au sommet de celle-ci.

Bibliographie
Jean-Dominique Augarde, Les Ouvriers du temps : la pendule à Paris de Louis XIV à Napoléon, Genève, Antiquorum, 1996, p. 293.
Hans Ottomeyer et Peter Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, t. I, München, Klinkhardt & Biermann, 1986, p. 129.
Hans Ottomeyer et Peter Pröschel, Vergoldete Bronzen, Die Bronzearbeiten des Spätbarock und Klassizismus, t. II, München, Klinkhardt & Biermann, 1986, pp.539-547.
Bertrand Rondot, Jean-Jacques Gautier, Le château de Versailles raconte le Mobilier national, Quatre siècles de création, catalogue d’exposition, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, 2011, pp.76-77.
Pierre Verlet, Les bronzes dorés français du XVIIIe siècle, Paris, Picard, 1987, p. 425.

 

Bon état général.

Informations complémentaires

Dimensions 15 × 31.5 × 48 cm