Encrier en porcelaine polychrome de la manufacture de Chantilly

28.000 

France, époque Régence
Porcelaine polychrome de la manufacture de Chantilly
Bronzes ciselés et dorés

Catégorie :

France, époque Régence
Porcelaine polychrome de la manufacture de Chantilly
Bronzes ciselés et dorés

De forme sinueuse et polylobée sur les côtés, cet encrier présente sur son plateau un décor de croisillons délimités par des filets d’encadrements et des treillages contenant des quatre-feuilles sur fond bleu. Il repose sur deux pieds de rocailles azur stylisées ainsi que sur un petit bol octogonal à motifs dits « kakiémon » et orné d’un personnage parcourant un sol carrelé autour duquel évoluent des insectes sur fond blanc, le tout reposant sur un très petit pied.
Il est orné de bronzes ciselés et dorés tels que l’encadrement mouluré, les godets circulaires à couvercles – l’un est ajouré – et leurs boutons ainsi que le godet principal octogonal, un tablier en forme de coquille flanquée d’enroulements et de palmes, puis de l’autre côté, un tablier plus long à petit cartouche, lambrequin et volutes feuillagées.

 

La porcelaine de Chantilly  

Selon la légende, Marco Polo au XIIIe siècle aurait été le premier européen à découvrir cette céramique fine et translucide, jusqu’alors inconnue en Occident mais attestée en Chine dès le VI-VIIe siècle et plus certainement née sous la dynastie des Tang (VIII-IXe siècle ap J.C.) Comparant celle-ci à la nacre de certains coquillages, il serait à l’origine du terme « porcela », qui désigne en italien un coquillage nacré.
Rapidement surnommée « or blanc », la porcelaine fascine l’Europe entière et deviendra rapidement un enjeu à la fois technique et économique. A partir du XVIe siècle, de nombreux essais sont tentés afin de reproduire cette matière mystérieuse, en Italie dans un premier temps, avec le soutien des familles princières italiennes, puis en France sous la protection et le mécénat des grands du royaume, qui se multiplient dès la fin du XVIIe siècle.
C’est dans ce contexte que Louis-Henri de Bourbon, prince de Condé (1692-1740), duc de Bourbon, fastueux prince de sang, réfugié dans son château de Chantilly, patronna la création d’une manufacture dans cette ville. En France, faute d’avoir découvert le kaolin, argile à la base de la porcelaine chinoise, les manufactures françaises comme la manufacture de Sèvres conçurent d’abord un produit de remplacement présentant les mêmes caractéristiques visuelles, composé d’un mélange vitreux – la fritte – pulvérisé après cuisson et mélangé à diverses argiles.
Cette matière, surnommée pâte tendre parce qu’elle cuit à basse température, fut la seule produite en France jusqu’au début des années 1770.
Ayant fait appel à Cicaire Cirou en 1725, transfuge de Saint-Cloud qui apporte son expérience technique, le prince de Condé offrit par ailleurs un accès privilégié à ses innombrables collections de porcelaines asiatiques qui influencèrent fortement les créateurs de la manufacture ainsi qu’en témoigne cet encrier dont les motifs et couleurs s’inspirent des décors dit « kakiémon », du nom de l’émailleur japonais Sakaida Kakiemon qui découvrit le secret des émaux sur couverte vers 1647. Ces décors principalement développés par la manufacture jusqu’en 1740, d’une palette de couleurs réduite, permettaient de mettre en valeur la blancheur onctueuse et ivoirée de la porcelaine et d’y associer des motifs japonisants disposés sans symétrie, sans modelage ou perspective, tels que des branches fleuries, des bambous, des insectes (comme ici), des perdrix, des grues, des dragons ou encore des phénix.
Concurrencée par la manufacture royale de Vincennes-Sèvres dès les années 1740, ceux-ci ayant recruté ses meilleurs ouvriers, la manufacture de Chantilly continua cependant à produire de la porcelaine tendre jusqu’en 1802, la production de porcelaine dure perdurant jusqu’en 1870.
La manufacture de porcelaine de Chantilly avait l’habitude d’apposer une marque représentant un cor de chasse pour se distinguer. Cependant, nombre de porcelaines de Chantilly à décor « kakiémon » ne sont pas marquées, la raison en serait leurs commanditaires. En effet, celles-ci, souvent destinées à des marchands-merciers, ces derniers demandaient au porcelainier de ne pas les marquer.

Bibliographie

Geneviève Le Duc, Marques et signatures de la porcelaine, Paris, Charles Massin, 1970.
Geneviève Le Duc, Porcelaine tendre de Chantilly au XVIIIe siècle : héritages des manufactures de Rouen, Saint-Cloud et Paris et influences sur les autres manufactures du XVIIIe siècle, Paris, Hazan, 1996.

Bon état général, deux légers manques sous la base

Informations complémentaires

Poids 0.755 kg
Dimensions 21 × 14 × 7.5 cm