Encrier en porcelaine émaillée de Chine

16.000 

France, Époque Louis XV
Porcelaine d’époque Kangxi (1662-1722)
Bronze ciselé, ajouré et doré

Catégorie :

France, Époque Louis XV
Porcelaine d’époque Kangxi (1662-1722)
Bronze ciselé, ajouré et doré

Ornée d’une statuette polychrome, vraisemblablement du premier quart du XVIIIème siècle, émaillée vert, ocre et brun, l’encrier repose sur une monture en bronze ciselé, ajouré et doré à décors feuillagés de volutes en forme de C. Ces enroulements se terminent par des détails de plantes stylisées (joncs ou roseaux), qui viennent accompagner le couvercle bombé à décor de graine feuillagée, qui semble un peu plus tardif.

Le poète Li Po (701-762)

Cette figure de porcelaine représente le poète Li Po, connu sous le nom de « poète immortel » l’un des plus grands poètes de l’époque Tang, qui vécut au milieu du VIIIème siècle.
Li Po était un esprit errant et ses voyages à travers la Chine l’ont amené à côtoyer des taoïstes, des hommes de lettres et des hauts fonctionnaires qui, souvent, l’admiraient beaucoup.
En plus d’être un écrivain prolifique et un disciple du taoïsme, Li Po (également appelé Li Bai ou Li Bo) est célèbre pour avoir une grande partie de son inspiration poétique qui apparaissait après avoir bu, ce qui explique la présence de la jarre à ses côtés sur cet encrier.
Ses poèmes sont, depuis plus de 1200 ans, si populaires en Chine qu’on les trouve partout inscrits : dans le cabinet du lettré comme dans la maison du laboureur, sur les bronzes, sur les porcelaines et jusque sur les poteries d’un usage journalier.

Monture de bronze doré

Monter somptueusement des objets pour les présenter avec un éclat particulier est une pratique ancienne. Ainsi, dès le Moyen Age, apparaissent des exemples de coupes ou de vases en pierres rares et même, au XVème siècle, de porcelaines, serties dans l’or ou l’argent.
Si l’or et l’argent continuèrent à être utilisés au XVIIème siècle, les montures de bronze doré connurent un essor sans précédent à la fin du règne de Louis XIV, répondant en cela à la nécessité d’économie ayant marqué cette période.
Par la suite, durant tout le XVIIIème siècle et, la plupart du temps grâce à l’intervention d’importants marchands-merciers, des pièces d’exception furent confiées aux mains expertes des plus grands artistes qui créèrent alors des montures d’un raffinement extrême. Disposant de moyens conséquents, plus importants que ceux de la plupart des artisans, ces marchands avaient en effet la capacité d’acquérir de précieux objets en matériaux rares comme des pierres dures, de la porcelaine, de l’ivoire, de la noix de coco, du bois pétrifié ou encore de la nacre.
Répondant à l’exotisme qui s’imposa en France suite à la venue des ambassadeurs de Siam en 1686, ces marchands jouèrent un rôle majeur dans la création d’objets mêlant porcelaine ou laque venus d’Extrême-Orient et bronze doré. En effet, c’est à certains de ces marchands les plus talentueux que l’on doit l’idée de faire monter les porcelaines en métaux précieux pour les enrichir. Cet encrier en porcelaine de chine, particulièrement raffiné, est le reflet du talent conjugué dont surent faire preuve les bronziers, doreurs et ciseleurs pour créer des pièces exceptionnelles probablement ici à la demande de l’un de ces marchands.

Bibliographie

Pierre Kjellberg, Objets montés du Moyen Age à nos jours, Paris, 2000, p. 34
Scheurleer, Chinese und japanisches Porzellan in europäischen Fassungen, 1980
Pierre Verlet, Les bronzes dorés français du XVIIIe siècle, Paris 1987
Giacomo et Rozenn Wannenes, Les bronzes ornementaux et les objets montés, de Louis XIV à Napoléon III, Milan, Editions Vausor, 2004, p. 94-95
F.J.B. Watson, The Wrightsman collection, vol. II, Furniture gilt bronzes carpets, New York, 1966, p. 47, n° 265

Bon état d’ensemble, usures d’usage, un éclat restauré sur la figure en porcelaine au niveau du pied

Informations

Poids 1.515 kg
Dimensions 21 × 16 × 14 cm